Carte Blanche: COP21, le momentum pour initier le vrai changement de nos “business modèles”

  • Posted on: 10 December 2015
  • By: Thibaut Georgin

Les négociateurs sont dans la dernière ligne droite de négociation pour clôturer les deux semaines de la COP21 avec des objectifs ambitieux de lutte contre le réchauffement climatique et la protection du cadre de vie de l’humanité.

Si, en Belgique, les citoyens, les entrepreneurs et certains pouvoirs publics se montrent volontaires à mener la transition, on constate une certaine inertie d’une majorité de grandes organisations en Belgique tant privées que publiques à revoir en profondeur, leur modèle.

Des études prospectives (http://www.climat.be/) démontrent pourtant qu’il est tout à fait possible de réduire drastiquement la consommation de carburants fossiles sans réduire notre train de vie. Elles soulignent aussi la nécessité d’innover et d’investir dans la transition.

Un nombre croissant de cadres, dirigeants et investisseurs sont convaincus, à titre personnel, qu’il est temps d’agir pour lutter contre les impacts environnementaux.

Des solutions techniques sont disponibles. En matière d’amélioration de l’efficacité énergétique, de production et de gestion des énergies renouvelables mais aussi dans d’autres domaines comme la mobilité des biens et des personnes, l’agriculture et l’alimentation.

Alors pourquoi pas plus de volontarisme dans l’action au sein de nos grands groupes ?

La Résistance aux changements de plusieurs parties-prenantes

La transition imposera des changements importants de paradigmes. Electrifier la flotte de véhicules individuels impactera l’ensemble de la chaine de valeur du secteur -vente ou location à l’usage, entretien, ravitaillement, stationnement  des véhicules. Une logistique durable de transport de biens imposera la mise en place de plateformes multimodales nouvelles, de modalités et de timing différents du modèle actuel. Chaque acteur économique doit se projeter dans le nouveau possible et y envisager sa place. Trop souvent, au sein des entreprises, les partisans du statu quo, qui résistent de peur de perdre leur acquis ou leurs habitudes, l’emportent sur les partisans du changement.

Des calculs de retours économiques biaisés et court-termistes

Les démonstrations de la non-efficience économique des solutions plus vertes sont régulièrement entachées de calculs intellectuellement incorrects. Comment comparer les énergies renouvelables émergentes avec un parc nucléaire et un réseau de distribution développé autour de lui, amortis depuis des décennies et subsidiés durant les années 70 au nom d’une sécurité d’approvisionnement énergétique en pleine crise pétrolière. Le politique a le devoir de mettre en place un cadre stable, tant incitatif pour les nouveaux modèles vertueux que pénalisant pour les modèles dont les externalités négatives sont trop souvent supportés par la collectivité.

Charisme et leadership de nos dirigeants d’entreprises et de nos politiques

Où sont les grands leaders belges qui, dans le passé, ont osé et se sont investis pour le développement d’une « nouvelle économie » de la sidérurgie, du chemin de fer, de la chimie… ? Où sont les décideurs qui, sur la base d’une vision d’un avenir meilleur, développeront collectivement une stratégie axées sur les opportunités de cette transition en termes de know-how, d’emplois et… de retour financier ?

Nous voulons croire au sursaut de nos décideurs tant économiques que politiques pour développer une vision d’avenir ambitieuse et mettre en place un modèle de relance, plus vert et plus vertueux, de nos économies. Des solutions existent en Belgique et en Europe, des universitaires, des travailleurs, des cadres, des experts formés, travaillent avec passion à leur développement et leur déploiement, des start-up/initiatives pilotes ont été lancées avec succès et reconnaissance. Il importe à présent de combiner les forces de nos décideurs pour définir une feuille de route régulatoire et s’investir, en collaboration, dans des projets structurants

Plus que jamais, il faut considérer l’urgence climatique, non comme une contrainte mais comme une force motrice d’inspiration pour nos entreprises. Bref, comme une chance pour l'avenir.

Bernard Richelle (Administrateur), Alexandre Pycke (Consultant, Administrateur), Thierry Meunier (Directeur, Administrateur), Pascal Vermeulen (Consultant), Gaël Guillou (Consultant, Entrepreneur) Thibaut Georgin (Consultant, Entrepreneur, Administrateur), Manu Cluten (Directeur financier), Lionel Van Rillaer (Ingénieur)